Leur ayant répondu que ces deux solutions ne m’inspiraient pas tellement, ils me disent en plaisantant qu’il ne me restait plus qu’à rencontrer le Maire de Dijon.
Mais qui était le Maire de Dijon ?
Jamais je n’avais entendu parler de cet homme. Il me disent que c’était un homme très bien et que peut-être, il trouverait une solution à mon problème.
Où ai-je couché ? Peut-être dans une voiture SNCF désaffectée, je l’ignore, mais ce dont je suis sûr , c’est que le lendemain matin, j’étais dans la Mairie de Dijon, ayant demandé à rencontrer Monsieur le Maire.
Mairie de Dijon
Je me présente au secrétariat et l’on m’introduit dans une petite pièce.
Au bout de cinq minutes, entre un homme vêtu en soutane.
Je le salue et il s’assoit dans un coin de la pièce en sortant son bréviaire. Nous restons muets un long moment, non sans qu’il ne m’ait observé plusieurs fois à la dérobade…
Il me tutoie immédiatement.
- « D’ou viens tu ? Pourquoi es tu venu me voir ? Tu veux voir le Maire ? Je suis le Maire. »
Il faut dire que je n’avais que 19 ans. Je reste abasourdi. L’interrogatoire est gênant. Ses petits yeux pétillent de malice. Je réponds donc à ses questions (Bien entendu, j’évite de lui servir mes boniments précédemment évoqués à l’officier allemand).
Au bout de vingt minutes, il sait qui je suis. Il connaît ma destination finale, l’orphelinat de Jougne où séjourne mon frère et dont les responsables sont les bonnes sœurs.
La france coupée en deux
Immédiatement, il a changé d’attitude, m’a expliqué qu’il me fallait reprendre un train en direction d’Auxonne, descendre à la station de Villers-Les-Pots, remonter la Saône pendant 3 ou 4 kilomètres et chercher un passeur parmi les riverains. Une fois passé, je devais regagner la gare de Villers-Rotin, après Auxonne, et reprendre l’omnibus en direction de Pontarlier.
J’ai fait ce qu’il m’a dit le prêtre........
Tout le long de la Saône, il y avait des baraques de pêcheurs. Après plusieurs tentatives, j’ai trouvé, moyennant 10 francs de l’époque, un homme qui s’est engagé à me faire passer la Saône. Arrivé sur l’autre rive, il me dit :
Passeur
- « Tu vois la route le long de la rivière, c’est la nationale . Tu vas courir pour la traverser et rentrer rapidement sous le bois qui se trouve à 100 mètres plus loin. Les allemands font des patrouilles en side-car et tirent sur tout ce qui bouge »
J’ai suivi scrupuleusement ses consignes.
Je ne me souviens plus comment s’est effectué le trajet Pontarlier – Jougne, mais ce qui est sûr, c’est que j’ai revu mon frère avant de rejoindre la marine.
Jougne
Apres la libération, j’ai appris que le député Maire de Dijon était le Chanoine Kir, et je comprends mieux maintenant pourquoi il avait montré pour moi autant de défiance. Il avait fait de la résistance, il avait le droit et le devoir de se méfier.
Chanoine Kir à l'Assemblée Nationale en
1945
Bien plus tard, je suis passé à Dijon à plusieurs reprises au cours de ma vie professionnelle et quand je passais près du lac qui porte son nom, le long de la voie ferrée, j’avais toujours une pensée émue envers cet homme, petit par la taille, mais immense par le courage »
Après quelques recherches personnelles, cet orphelinat dépendait de l’association Saint Vincent de Paul sur Saint-Germain-En-Laye, et se trouvait exactement à Ferrière sous Jougne.
Depuis, ces locaux sont devenus une colonie de vacances, qui d’après mes récentes informations est actuellement à vendre.
Chanoine Kir de son vrai nom : Félix KirReligieux et politique français
Né le 22 janvier 1876 à Alise-Sainte-Reine, Côte-d'Or
Décédé le 24 avril 1967 à l'âge de 91 ans
Le chanoine Kir en 1958
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le Kir, blanc-cassis, n’a pas été inventé par le
Chanoine.
Mais il eut la bonne idée d’offrir un blanc-cassis comme apéritif à tous les visiteurs qu’il recevait en
tant que maire de Dijon, dans les cuisines ducales.
En 1952, il donne à la famille DAMIDOT, propriétaire de la société dijonnaise LEJAY-LAGOUTTE, le droit d’utiliser son nom à des fins commerciales. Pour ne pas peiner les concurrents liquoristes de Dijon, Félix Kir leur donne la possibilité de faire de même.
Mais l’antériorité joue en faveur de la famille DAMIDOT, LEJAY-LAGOUTTE.
Douze années de procès furent nécessaires à cette société pour lui permettre de se voir reconnaître
, une fois rendu l’arrêt de la cours de cassation , le 27/10/1992, l’appartenance exclusive de la marque
« UN KIR ».
Recette
1/3crème de cassis
A consommer avec modération
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